Assurance de prêt immobilier : comment faire baisser la facture ?

Assurance de prêt immobilier : comment faire baisser la facture ?

Dans un contexte économique marqué par la hausse des taux d’intérêt et la vigilance des emprunteurs sur leur budget, l’assurance emprunteur devient un levier stratégique pour réduire le coût global d’un crédit bancaire. Depuis l’entrée en vigueur de la loi Lemoine, les particuliers peuvent changer plus facilement d’assurance de prêt pour alléger leur facture. Pour y voir plus clair, nous avons interrogé Monsieur IRES, courtier en assurance, qui nous livre ses conseils et son regard de professionnel.

Monsieur IRES, pourquoi l’assurance emprunteur représente-t-elle un enjeu financier aussi important dans un prêt immobilier ?

M. IRES : C’est simple : l’assurance de prêt immobilier peut représenter jusqu’à 30 % du coût total d’un prêt. Les emprunteurs ont tendance à se focaliser sur le taux d’intérêt proposé par la banque, mais négligent souvent le poids de l’assurance. Pourtant, en comparant et en changeant d’assurance, il est possible de faire baisser significativement la facture, parfois de plusieurs milliers d’euros sur la durée du crédit.

Quelles sont les solutions concrètes pour faire baisser le coût de son assurance emprunteur ?

M. IRES : Il y a trois leviers principaux. D’abord, comparer les offres, car les écarts de tarifs sont très importants entre les assureurs. Ensuite, faire jouer la concurrence grâce à la loi Lemoine, qui permet à tout moment de procéder à une résiliation pour souscrire une assurance individuelle moins chère. Enfin, adapter les garanties à son profil : un jeune non-fumeur sans antécédents médicaux n’a pas besoin d’un contrat aussi coûteux qu’un emprunteur senior avec pathologies.

La loi Lemoine est-elle véritablement un tournant pour les assurés ?

M. IRES : Absolument. Cette loi, entrée en vigueur en 2022, offre une liberté de résiliation à tout moment sans frais. Elle oblige également les banques à informer les clients de ce droit au moins une fois par an. De plus, elle supprime le questionnaire de santé pour les prêts de moins de 200 000 € (par personne) et dont le terme intervient avant les 60 ans de l’assuré. Cela facilite l’accès à des assurances emprunteur plus compétitives, même pour les profils plus sensibles.

Que recommandez-vous à un particulier souhaitant changer d’assurance ?

M. IRES : Avant tout, de ne jamais résilier son assurance actuelle sans avoir une nouvelle offre validée et acceptée par sa banque. La délégation d’assurance est un droit, mais elle doit respecter l’équivalence des garanties exigée par le prêteur. Il faut donc bien analyser son contrat initial, comparer les nouvelles propositions et faire accompagner sa démarche par un courtier en assurance pour éviter les erreurs.

Quelles économies peut-on espérer en moyenne ?

M. IRES : Selon les profils, on peut gagner entre 5 000 et 15 000 euros sur toute la durée du prêt immobilier. Plus le capital emprunté est important et plus l’assurance initiale est chère, plus le potentiel d’économie est élevé. Des profils jeunes et en bonne santé peuvent même voir leur cotisation divisée par deux en optant pour un contrat individuel.

Un dernier conseil pour nos lecteurs particuliers ?

M. IRES : Ne considérez plus votre assurance emprunteur comme un simple produit bancaire annexe. C’est un levier d’optimisation financière à part entière. Prenez le temps de l’examiner, d’en comprendre les garanties et de le faire évoluer au gré de votre vie et des réglementations. La résiliation n’est plus un parcours du combattant, elle peut se faire simplement, avec à la clé de réelles économies.

En résumé

Grâce aux récentes évolutions législatives, en particulier la loi Lemoine, il est désormais possible pour les particuliers de changer d’assurance de prêt facilement, et à tout moment. En comparant les offres, en analysant finement ses besoins et en se faisant accompagner par un professionnel, il est tout à fait envisageable de faire baisser la facture de son assurance tout en conservant une couverture adaptée.

Sources :

  • Service-Public.fr 
  • Ministère de l’Économie
  • Fédération Française de l’Assurance (FFA)